Le rugby français n’a jamais compté autant de pratiquants. Entre 2023 et 2024, les licenciés ont progressé de 12 %, et le rugby féminin affiche une hausse de 38 % à la rentrée 2025, portée en partie par l’effet Coupe du Monde féminine. Avec cet afflux de nouveaux joueurs, l’équipement revient au cœur des préoccupations, et notamment le poste le plus critique entre le corps et le terrain : la chaussure.
Vissés, moulés, hybrides : trois familles pour trois types de sol
Le choix des crampons rugby conditionne à la fois les sensations au sol et la sécurité à l’impact. Il existe trois grandes familles, chacune pensée pour des conditions précises.
Les crampons vissés (type SG, Soft Ground), souvent en aluminium ou en acier, sont taillés pour les terrains gras ou détrempés. Leur accroche profonde les rend particulièrement adaptés aux avants, piliers et deuxième ligne en tête, qui ont besoin d’ancrage dans les phases de mêlée et de ruck. Les crampons moulés (FG, Firm Ground) s’imposent sur les surfaces fermes ou sèches : plus légers et plus confortables, ils conviennent mieux aux arrières, ailiers ou demis qui cherchent vitesse et réactivité. Quant aux hybrides, ils combinent les deux systèmes et représentent souvent le meilleur compromis pour les joueurs évoluant sur des terrains variés, notamment en clubs amateurs où l’état des pelouses change d’une semaine à l’autre.
Sur synthétique, les crampons en aluminium sont généralement déconseillés, car ils risquent d’abîmer la surface. Des semelles Turf ou des crampons moulés courts sont alors préférables.
Poste, terrain, entretien : trois critères pour ne pas se tromper
Au-delà du type de sol, c’est le poste occupé qui doit orienter le choix. Un pilier recherche avant tout la stabilité et l’accroche en poussée, avec des modèles vissés 6 ou 8 pointes longues. Un arrière ou un ailier, lui, va privilégier la légèreté et la maniabilité pour enchaîner les changements de direction. Les nouvelles règles adoptées par World Rugby en novembre 2024, applicables depuis janvier 2025, favorisent un jeu plus rapide et plus ouvert, ce qui renforce encore l’importance d’un crampon bien adapté au profil athlétique du joueur.
L’entretien est souvent négligé, pourtant il conditionne la durée de vie du matériel et la sécurité à l’usage. Après chaque match sur terrain boueux, un nettoyage soigneux s’impose. Les crampons vissés doivent être vérifiés régulièrement pour éviter tout jeu. Un crampon usé ou desserré modifie l’appui et peut provoquer une chute. Sécher les chaussures à l’air libre plutôt qu’à proximité d’un radiateur préserve les matériaux.
Que l’on débute ou que l’on joue depuis des années, bien choisir son crampon reste l’un des gestes les plus simples pour prendre soin de ses appuis et profiter pleinement du jeu, quel que soit le niveau.

